lundi 9 novembre 2009

La Sans Papier

Je me présente,



Je m'appelle La Sans Papier, je suis peu diplômée, je n'ai qu'un secondaire V et un minable diplôme en "Secrétariat" (DEP). Je ne suis pas allée au Cégep, je n'ai pas fait l'université. Mon contexte familial défavorable, mon mariage en bas âge (euh... 18 ans) et l'arrivée rapide de mes enfants m'ont projetée rapidement sur le marché du travail. J'ai donc commencé en bas de l'échelle, comme tout le monde, avec un salaire de misère et un horaire peu enviable.



Je suis quelqu'un qui adore apprendre de nouvelles choses, je me tenais au courant de tout ce qui se passait du point de vue technologique et bien d'autres domaines. Je suis en quelque sorte une autodidacte. À maintes reprises j'ai envisagé de retourner sur les bancs d'école, mais vous savez comment ça marche ? Les enfants, la vie quotidienne, les soucis financiers, m'embrouillaient un peu la vue et je n'eus pas le courage de faire le grand saut... Je préférais la sécurité d'une jobine plutôt que l'instabilité de la vie étudiante. Je m'investissais beaucoup dans mon travail, je voulais réussir, je croyais que la force de volonté me permettrait d'ouvrir des portes.



Avec le temps et bien des efforts, j'ai réussi à gravir les échelons salarials et à obtenir des postes que je n'aurais jamais même osé imaginer ! Certaines personnes ont reconnues en moi des qualités et des compétences qui m'ont permis de travailler pendant plusieurs années dans un collège privé comme enseignante en bureautique et en informatique. J'étais très fière de moi, et bien que l'argent ne soit pas une motivation principale pour moi, j'étais tout de même très contente de gagner environ 46.00 $ de l'heure ! Disons que mes fins de mois étaient moins inquiétantes.



Ça c'est la version "Fleur bleue" de mon petit roman. Maintenant passons aux choses sérieuses. Dans mon histoire, il y a une méchante sorcière qui fera tout basculer. Vous savez comme moi, la vie est une jungle et les plus forts bouffent les plus petits. Donc, une collègue de travail, que nous appellerons pour la cause, Cruella, décida un jour qu'elle en finirait avec moi. J'avais de graves conflits personnels avec Cruella, mais aucuns en rapport avec le travail. Cruella s'était séparée de son mari et maintenant j'étais la nouvelle flamme de celui-ci.



Cruella n'est pas folle. Elle a été très stratégique dans sa façon de faire, planifiant tout d'avance et préparant le terrain pour la mise à mort. Je ne voyais pas ces plans machiavéliques, je croyais tout simplement qu'elle finirait par comprendre, que de toute façon elle avait un "chum", qu'elle était supposément en amour et qu'avec le temps et un peu de patience, elle lâcherait le morceau. Pour diminuer la tension et rendre mon environnement de travail plus agréable, je demandai à mon supérieur de déménager mon bureau de place. Je pensais que mon déménagement d'étage allait permettre d'éviter que nous nous croisions inutilement , Cruella et moi, et éviter ainsi de mettre de l'huile sur le feu. Mais, pour une raison que je ne pouvais expliquer, elle prenait plaisir à passer par le couloir de mon bureau et m'espionner.



Une bonne journée, une étudiante m'aborda et demanda à me parler en privé. Je m'empressai d'accepter en croyant qu'elle avait besoin d'aide. Qu'elle ne fût pas ma surprise quand elle me donna cet avertissement: "Fais attention au nouveau groupe à qui tu enseignes, il y a des filles dans ce groupe qui sont là pour te faire du mal... Cruella les a mis de son bord pour te faire mettre dehors." J'étais bouche bée, quelque peu confuse et j'avais de la difficulté à croire ce que je venais d'entendre. Néanmoins, je la remercia pour cette information et je suis devenue plus méfiante par la suite.



Avec le temps et le train train quotidien, je baissai mes gardes et oublia cet avertissement. Je m'étais rapprochée de ce nouveau groupe et j'avais vraiment l'impression d'être appréciée comme prof. Tout allait pour le mieux.



Une bonne journée, je reçus un courriel de Cruella m'avisant que dorénavant, je ne pourrais plus dispenser un cours que je donnais depuis plusieurs années, car je n'avais pas les qualifications exigées !!!! Ben oui, c'est sûr, je n'ai pas de diplôme universitaire, ce fut son argument de poids. Comme école, elle était dans l'obligation de trouver un "vrai" prof..., elle s'est bien gardée de m'offrir les outils qu'il me fallait pour me qualifier. J'ai tenté faiblement de me défendre, sans plus. Après tout,elle avait "comme genre" raison, je n'avais pas de papiers universitaires et j'avais d'autres cours alors, aussi bien pas faire de chicane avec ça. J'étais ébranlée, je trouvais ça bien injuste, et j'avais l'impression de ne plus valoir grand chose.



Ce n'était que le début d'une série de coups qu'elle avait préparés pour moi. Elle m'avait réservée d'autres surprises, les unes plus percutantes que les autres... Quel fut son astuce numéro 2 ?


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